Dans l'hérésie et la passion de l'Amour, j'ai donné mon c½ur à une ange brisée. J'espère qu'elle saura se reconstruire malgré moi. Il parait que l'instinct de survie recolle les morceaux. Alors je me dis que si j'ai fléchît il lui restera toujours sa propre force. D'avancer, de bouger, de vivre, de crever -plus tard-. Que le voyage la transporte, que les quelques parfums de romantisme qui reste en cet univers pourri l'enivrent, et qu'elle me rapporte ses plus beaux paysages lors de nos retrouvailles futures et lointaines. J'espère juste qu'ils m'oublieront, comme jamais je n'ai su t'oublier Toi. Cette longue quête inutile m'a ramené à l'essentiel. Inutilité sociale. Suicide urbain. Sur le chemin de mon retour, -de mon retour vers Toi, Toi que j'ai trop longtemps reniée, toi que j'ai dénigrée alors que depuis les premiers jours tu voulais me sauver, Toi qui depuis 13 ans je fuis, ce soir, je te suivrai- J'ai lâché deux clopes. Oui deux, tel était votre nombre, parce que non, la bouteille entre vos mains ne comptait pas. Parce qu'elle a trop compté pour moi jusqu'à ce soir. J'ai lâché deux clopes pour qu'ils n'oublient pas que la générosité existe dans ce monde qui crève. J'ai aussi lâché mon numéro parce qu'une promesse dans la nuit ne vaut rien, mais parce que rien ne vaut un sourire, surtout un sourire blanc entouré d'un visage noir qui ressemblait un peu trop au tien. Alors oui je rappellerai, oui j'adopterai, mais dans une autre vie. Désolée, je n'ai pas jeté le dernier à la poubelle, il restera abandonné sur le bord d'une route mal éclairée, trop près de cette putain de rivière dans laquelle j'aurais du sauté. Il se désintégrera sous vos regards vides qui ne l'apercevront même pas. Désolée, je n'ai pas jeté ce dernier mégot de ma vie à la poubelle, il crèvera comme moi le long de cette route sombre que j'ai arpenté dans mon agonie éternelle. Les quelques volutes de fumée qui s'en échappent peut être encore dessinent dans le vague d'un ciel noirâtre le miroir de ma vie qui se meurt. Ce courant qui ne ressemble même pas à son jumeau céleste qui s'était pourtant dégagé ce soir. Il brillait de milles feux. Un peu comme tes yeux. Illumination de ma propre fin. Chacun de mes pas brûlait le peu qu'il me restait de talon. Les enfers étaient derrière moi depuis l'aurore de ma vie. J'ai scellé mon destin à ma naissance. Ce soir je cède, les étoiles s'éteignent pour moi, Sa voix ne me sauve pas, Sa fuite ne me relève pas, il n'existe rien qui ne retienne une âme morte. J'abdique, j'abandonne, une lumière qui se ternit depuis trop longtemps m'appelle. La brume de cette ville fantôme a éclaircit l'ombre de mon regard. Il se ferme pour la dernière fois.
Ne perdez pas espoir. Il parait qu'il veille sur nous.
Moi ? Mon âme n'était pas assez pure, voilà tout.